Là haut, au milieu de la ville

Le parcours du hasard a fait s’installer Éric Janssen au numéro 4 de la rue de la Valfère. C’était en 2018. Le jeune retraité, ancien cancérologue de la clinique Saint-Roch, nous ouvre les portes de son intimité. Portrait

Éric est à l’image de son intérieur  : l’homme est très grand, l’allure est décalée, l’accent est belge. Le café servi, c’est avec humour, simplicité et bienveillance que s’engage la conversation.

Dans cet immeuble bourgeois, un ancien hôtel particulier face au Palais de justice de la rue Foch, Éric a aménagé un grand appartement qu’il partage durant la semaine avec son fiston de 12 ans.

Entre la salle-à-manger et la chambre, les 150 m2 de plancher dessinent l’angle de la rue. Intérieur très cosy, raffiné sans être ostentatoire, décoré avec le goût d’un grand artiste ami, le scénographe Bob Verhelst.

C’est là qu’Éric a planté le décor de sa vie passée. C’est là qu’il accroche ses pépites intimes  : la modeste petite ville de Tongres dans sa Belgique natale, l’Anvers de ses études de cancérologue, un des portraits de son père peint par sa mère. Du haut de la Valfère, l’appartement et ses nombreux tableaux fixés aux murs illustrent le parcours d’un homme libre et dévoué aux autres.

Rien ne lui déplaît dans ce bel appartement du 2ème étage, sauf de monter les grands escaliers. « Quand on se fait vieux, c’est compliqué. » L’immeuble qui compte trois niveaux est occupé par quelques vieilles familles, surtout des propriétaires. Éric regrette qu’il n’y ait pas assez de jeunes. Il apprécie malgré tout l’« ambiance chaleureuse et conviviale » de l’immeuble.

Normal qu’après tout ce temps passé à traiter le cancer de ses patients, Éric ait trouvé dans ce lieu calme et paisible de quoi échapper à la dureté de la vie. Jeune, il voulait étudier le cinéma. Grand feignant et amateur de bières, l’homme s’est toujours laissé guidé par les imprévus. « Je n’avais rien d’autre à faire et ça m’a plu » dit-il en parlant de ses études de médecine qui l’ont conduit à Anvers, entraîné par l’un de ses professeurs. « J’ai tout fait au dernier moment parce qu’il fallait le faire ». Il attendra la naissance de son premier fils pour – enfin – démarrer sa belle carrière professionnelle dans le privé et s’associer, par la suite, avec les médecins de la clinique Saint-Roch.

Quand je sors de l’immeuble, je pars toujours vers le haut.

Jeune retraité Montpelliérain, Éric s’est définitivement éloigné du rêve de la maison pavillonnaire. « C’était bien surtout pour Thibault » (NB  : son fils aîné). Aujourd’hui, il aime être « au milieu de la ville ». Comme pour le reste, se retrouver dans cet appartement tient à la fois du hasard et de l’imprévu. Il avoue  : « J’ai été séduit par la belle vue sur la rue Foch. » Quant à la rue de la Valfère, elle n’est pour lui qu’une rue passante. « Quand je sors de l’immeuble, je pars toujours vers le haut. » Éric aime les rues commerçantes et animées. La rue qu’il habite n’est pas son horizon.

Son monde à lui est intérieur. Eric est un urbain placide qui regarde la ville d’en haut, en spectateur. Au milieu de ces tableaux offerts au hasard des rencontres, il ne ressemble à personne. « Ne pas trop penser à soi » dit-il. Et de conclure, sourire aux lèvres « rêver de l’imprévu paisible. »

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