Pour la Cour des comptes qui vient de publier un rapport tranchant sur les stations de montagne face au changement climatique, la situation est alarmante en effet.
L’institution n’y va pas de main morte : toutes les stations seront plus ou moins impactées par le manque de neige à l’horizon 2050. Et seulement quelques unes pourront espérer poursuivre une exploitation viable au delà de cette échéance.
La Cour des comptes parle, pour les stations de ski, d’un modèle économique « à bout de souffle ». Elle met en avant le fait que les mesures d’adaptation – qui misent essentiellement sur la production de neige artificielle – ne sont pas à la hauteur des enjeux. Et le changement climatique a d’ores et déjà un « impact significatif sur les finances publiques locales ».
Autrement dit, les investissements réalisés (provenant pour un quart de financements publics) sont décorrélés des prévisions climatiques. Quant à la production de neige artificielle, une solution coûteuse et valable à court terme seulement, ses impacts sur la ressource en eau sont largement sous-estimés.
À voir les friches industrielles qui fleurissent déjà sur les montagnes (plus de 200 installations inutilisées et non démontées), le déclin des stations de ski est déjà bien entamé. Les enjeux socio-économiques et territoriaux autour du ski sont considérables et la transition ne se fera pas sans mal. Mais ici, le déni climatique revêt une dimension invraisemblable. L’« après ski » est à peine projeté et même s’il devient évident que l’adaptation – voire le renoncement – est nécessaire, certains veulent toujours croire au miracle. Pour combien de temps encore ?