« Habiter poétiquement le monde »

C’est en ces termes qu’Aurélien Barrau conclue son dernier essai, L’Hypothèse K. Il y a là une pensée profondément inspirante. Renversante aussi.

Face au chaos ambiant [« Un effondrement de la vie et une perte de sens. Le premier étant, en partie, une conséquence de la seconde »], sommes nous prêts à régler les problèmes autrement qu’avec un tableau Excel ou une IA faussement salvatrice  ?

En tant que « pur » scientifique, l’auteur pense contre lui même. On peut donc le croire. Il met à mal cette science « qui ne pense pas », cantonnée à la recherche de « solutions » techniques et donc complice, selon lui, de l’artificialisation globale du monde. Une science d’avantage au service de l’ingénierie que de l’humain.

La science donne d’admirables réponses mais ignore comment poser de tout autres questions. »

Et ces questions, Aurélien Barrau nous invite à nous les poser. Il est temps.

Que désire t-on vraiment  ? Où veut-on aller  ? Peut-on continuer comme ça  ?

Il n’y a rien de concret dans « habiter poétiquement le monde ». C’est certainement la raison pour laquelle cette pensée hölderlinienne est si touchante (et porteuse d’espoirs). Tout au plus, Aurélien Barrau nous invite à « devenir poreux à l’infime » et à « ne plus voir sans s’émouvoir ».

Habiter poétiquement le monde n’est ni un programme, ni une règle. Surtout pas une méthode. On peut voir cela comme l’ouverture d’une parenthèse, un rêve en même temps qu’une exigence, une révolution du sens, une redéfinition du réel.

Jouer avec l’inconfort et composer avec la finitude. »

Une lecture à méditer en 2024 (et longtemps après)…

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