La fin des paillotes « sauvages » sur les plages ? Peut-être, à en croire la récente décision de la cours administrative d’appel de Toulouse qui met fin à des années de bataille judiciaire acharnée entre défenseurs de l’environnement (et de la loi « littoral ») et élus locaux.
La décision de la cours d’appel du 11 avril 2024 fera jurisprudence. Elle confirme l’annulation de trois permis de construire à titre précaire accordés par la commune de La Grande-Motte à plusieurs (et notoires) restaurants de plage. Les plages naturelles (celles qui sont qualifiées d’espaces remarquables au titre de la loi « littoral ») sont donc à laisser au seul profit de la nature et du vivant. Ici, pas de bars, de restaurants ou autres discothèques faussement déguisés en « paillote ».
Cette décision de justice marque un coup d’arrêt à une appropriation pour le moins abusive de la plage par quelques élites économiques locales. Pour la commune aux pyramides (qui va devoir délocaliser ces concessions huppées en zone urbaine inévitablement moins attrayante), le désaveu est immense.
Voilà que sur ce littoral non urbanisé, la plage va enfin pouvoir reprendre ses droits. Un vrai renversement de perspective pour un espace encore trop souvent considéré comme un « décor », une « nature morte » à notre entière disposition. N’est-il pas temps de voir la plage autrement ? Non plus comme un espace de marchandisation mais comme un milieu naturel à part entière. La plage comme « zone à défendre », plus que jamais.