Un PLUi « petit c » pour Montpellier-Méditerranée-Métropole

À l’arraché, la métropole de Montpellier approuve enfin son PLUi-climat.


En provoquant une profonde division entre les élus, le Conseil de Métropole du mercredi 16 juillet 2025 restera dans les annales. L’unanimité des 31 maires sur le PLUi-c (obtenue lors de l’arrêt du projet le 8 octobre dernier) a volé en éclat suite au remaniement du document imposé par la commission d’enquête. Ainsi allégé de plusieurs projets communaux « sensibles » (sur Lattes, Vendargues et Castelnau-le-Lez notamment), le PLUi-c a été approuvé sans panache (avec 26 voix contre et 2 abstentions) et sous le feu de critiques acerbes.

C’est la sécurité juridique du document qui a prévalu plutôt que la solidarité intercommunale. »

Cette longue et laborieuse élaboration du PLUi-c a montré que les élus communaux, farouchement attachés à leurs prérogatives en matière d’urbanisme, n’étaient pas prêts à abandonner leurs projets locaux. On pourrait même croire qu’avec l’approbation de ce PLUi-c, Montpellier a réalisé l’impossible. Un élu frondeur dira même de son vote « contre » qu’il est « un acte de résistance pour qu’on garde le pouvoir dans nos mairies. » !

Au-delà de l’Histoire qu’il va marquer, le vote du 16 juillet a bel et bien lancé la campagne des prochaines élections municipales. Peut-on s’en réjouir ? Quel dommage que ce plan tant attendu n’ait pas fait l’unanimité ! D’abord pour le fait même d’exister (enfin  !). Ensuite pour les avancées majeures qu’il introduit avec, parmi elles :
– les servitudes de mixité sociale imposées sur toutes les communes,
– les zones agricoles protégées,
– la sanctuarisation de nombreux boisements,
– les espaces en pleine terre pris en compte dans la constructibilité des terrains, etc.
Et quand Michaël Delafosse annonce que ce PLUi-c rompt « avec le paradigme de l’extension urbaine et de l’artificialisation des sols » et qu’il entame « une relation nouvelle avec la nature », qui n’a pas envie de le croire ?

En même temps, tout le monde s’accordera à dire que ce PLUi-« petit c » est loin d’être parfait. Il n’est qu’une première pierre posée sur le vaste chantier de l’adaptation et de la transition écologique. Ce n’est pas rien d’en finir avec « l’urbanisme à la parcelle » et de donner « un statut juridique à 2500 arbres », mais il faudra aller plus loin, et vite  :
– intégrer une vraie stratégie territoriale d’adaptation au changement climatique,
– œuvrer pour une démarche de préservation de la biodiversité (dans une approche écosystémique globale) et de renaturation des espaces urbains,
– mieux tirer parti des capacités liées au renouvellement urbain (en particulier dans les tissus urbains mixtes et économiques),
– enfin, donner une dimension moins technocratique et plus citoyenne à ce PLUi-c insondable. D’après une élue du conseil métropolitain (très engagée dans le sillage de son père), il paraît que « l’urbanisme n’est plus qu’une affaire de spécialistes mais une question démocratique majeure. » Chiche !

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