Sommes-nous tous des climatosceptiques ?

Les catastrophes climatiques se multiplient et pourtant, les climatosceptiques sont de plus en plus nombreux. Comment expliquer ce paradoxe ?

D’après l’enquête de l’ONG Parlons climat récemment publiée et commentée dans un article du journal Le Monde, les climatosceptiques progressent en France où ils représenteraient plus d’un tiers de la population.

Même si, d’après cette enquête, il semble aisé d’en faire un portrait-robot [une personne plutôt âgée, issue des classes populaires et qui vote à droite ou très à droite], tous les climatosceptiques ne se ressemblent pas. Il y a les « durs » et les « mous ».

Les « durs » doutent avant tout par idéologie : rejet de l’écologie politique (perçue comme punitive et radicale), défiance envers les institutions, État et collectivités, quand elles mettent en œuvre des politiques publiques environnementales (abandon des véhicules thermiques, ZTL, ZFE, taxe carbone, etc).

Les « mous », parce qu’ils ne sont pas suffisamment convaincus par les faits scientifiques [merci à Elon Musk d’avoir fait fuir les climatologues de son réseau X], doutent en réaction à ce qui est perçu comme une menace. Et aussi parce que le changement climatique remet en cause leurs valeurs, leurs modes de vie et parce qu’ils se sentent incapables d’y faire face.

C’est bien ce climatoscepticisme ordinaire qui progresse à mesure que la transition écologique crée des tensions dans la population.

Alors que la réalité du changement climatique – dans ses excès comme ces derniers jours dans la région de Valence en Espagne  – provoque la sidération et exaspère les peurs, le climatoscepticisme, dans une forme quasi inconsciente, se généralise dans la société.

Il y a danger car de ce scepticisme ambiant, attisé par le déni et la désinformation, dépendront les futures politiques climatiques. Ou ce qu’il en restera. Comme le souligne la journaliste Audrey Garric dans son article du Monde, il faudrait pour cela que l’écologie soit portée par d’autres que les écologistes. Notamment par les médias, à condition qu’ils ne soient ni anxiogènes, ni culpabilisateurs.

Photo mise en avant : un graffiti de l’artiste Banksy sur la façade d’un immeuble de Londres (Flickr/CC BY-NC 2.0 Deed/Dunk)

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