Voilà un film qui parle enfin d’écologie avec force et subtilité. Et même si sa teneur militante est évidente, la fin – énigmatique – laisse le spectateur libre de sa propre interprétation. Peut-être que dans cette fin inattendue et cruelle, se révèle toute la complexité – la violence – qui caractérise notre relation au vivant et à la nature.
Hamaguchi a le génie de mêler tout en contraste le conte écologique (incarné par les balades contemplatives en pleine nature de la petite Hana) et l’histoire réaliste (celle d’un projet de « glamping », comprendre un camping glamour (sic), porté par deux représentants un peu paumés qui finiront par découvrir – à force de mettre leur conscience à l’épreuve – l’absurdité du projet).
La scène de la réunion publique est subtilement dramatique. Comme ce moment où Takumi, le père d’Hana, lancera aux deux citadins empêtrés dans leur ignorance : « Votre site de glamping, c’est sur le trajet des cerfs. »
Au final, les deux mondes que tout oppose – les urbains et les villageois – finissent par se rejoindre. Mais le mal est fait. Le titre – volontairement faux ? – interpelle. Le Mal n’existe pas en dit long sur notre incapacité à regarder la nature autrement qu’à travers le prisme du profit. Un cri d’alerte pour qui saura l’entendre.