Vague à l’âme

Les habitants du littoral ont le spleen. Comment habiter un territoire qui se liquéfie, qui se dérobe sous les pieds année après année  ? Le long de ce littoral, tout ce que l’homme a gagné sur la mer est en train de disparaître.

Comme Philippe Labro en 1970 (dans Poème sur la 7ème, l’une des premières chansons qui parle d’écologie… interprétée par Johnny Hallyday), on se demandera bientôt si les plages ont vraiment existé  :

« Qui a couru sur cette plage ? Elle a dû être belle. Est-ce que son sable était blanc ? Est-ce qu’il y avait des fleurs jaunes. Dans le creux de chaque dune ? J’aurais bien aimé toucher du sable. Une seule fois entre mes doigts. »

Demain, on nous promet le sel.

Il est déjà trop tard. Selon une étude récente parue dans « Nature Climate Change » et présentée dans un article du Monde, la fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique est « inévitable » même dans les scénarios de réchauffement planétaire les moins pessimistes. Or, cette épaisse couche de glace terrestre représente une surcote potentielle de cinq mètres du niveau des océans. L’hypothèse d’une élévation rapide de la mer au cours du XXIème siècle semble donc confirmée. Et l’étude est formelle  : « Les décideurs politiques devraient se préparer à une montée du niveau de la mer de plusieurs mètres au cours des siècles à venir. (…) Limiter les coûts sociétaux et économiques nécessitera une combinaison d’atténuation, d’adaptation… et de chance. » L’humanité a perdu le contrôle de la fonte des glaces de l’Antarctique et de cette mer qui monte. Il aurait fallu agir il y a plusieurs décennies. Comme en 1970, quand Philippe Labro décrivait (déjà) un monde qui n’existerait plus.

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